Hollande, la L1 ne votera pas pour lui
Mardi 28 février 2012 - 15:30
Football fiction. Lors de l’émission "Parole de candidat", François Hollande (Parti Socialiste) a annoncé vouloir imposer les plus hauts revenus, comprenez au-dessus d’un million d’euros, à hauteur de 75%, soit entre 8000 et 30 000 citoyens français. En ligne de mire, certains footballeurs qui émargent à ces sommes élevées. Comment réagirait QSI, le foot français, et les joueurs si cette proposition venait à passer.
Imaginez, nous sommes le 6 mai 2012, sous les coups de 20 heures. Postés devant leur télé dans une grande brasserie populaire, le Fouquet's, Nasser Al-Kalhaifi, Jean-Michel Aulas, Michel Seydoux, Nicolas de Tavernost et Vincent Labrune serrent les fesses, et pas qu’un peu. Les grands patrons du football français – l’axe "PLM", Paris, Lyon, Marseille en tête – espèrent sans trop y croire que Nicolas Sarkozy (UMP) remportera l’élection présidentielle et enchaînera ainsi un second mandat. Car, s’il se déclare "candidat du peuple", le président sortant n’en oublie pas pour autant ses "amis" et se dit prêt à laisser tranquille les grosses fortunes françaises, et donc le monde du football.
Payer beaucoup plus pour ...
Mais, pour une fois, les sondages de février ne se trompent pas et le candidat socialiste
François Hollande est élu avec une belle majorité*. Al-Kalhaifi, Aulas et Labrune, dans un conciliabule des plus inédits, perdent leur sang-froid et éructent à travers la pièce. La raison ? François Hollande, en homme de parole – une fois n’est pas coutume -, avait promis d’appliquer dès son élection sa mesure phare pour tenter de résorber la dette française : imposer les plus hauts revenus, c’est-à-dire ceux qui perçoivent plus d’un million d’euros par an, à hauteur de 75%. Et donc les stars du football français.
Après les paroles, les actes. La loi est promulguée sans passer par la case Assemblée Nationale et est mise en application au 1er juin 2012, date… d’ouverture du mercato estival hexagonal. Alors que le Paris Saint-Germain, seulement deuxième de la
Ligue 1 derrière la surprenante formation de Montpellier, attendait cette date avec une impatience non-dissimulée pour renforcer son effectif de joueurs de classe internationale –
Ricardo Kaka,
Carlos Tevez, le jeune Leandro Damiao et
Frank Lampard sont en effet attendus – en vue de la prochaine
Ligue des champions, voilà que le magnifique château de carte digne du palais de Versailles s’écroule, d’un coup, d’un seul. Avec un tel niveau d’imposition, un joueur de grand calibre qui signerait dans l’Hexagone ne verrait ainsi la couleur que d’un quart de ses émoluments.
La fuite des "gros salaires"
Une "confiscation fiscale", dixit Alain Juppé, qui empêche toute signature de grands noms dans un championnat de France déjà bien moins attractif que ses voisins européens. Et même Paris, qui roule sur l’or, devrait offrir un salaire multiplié par quatre en brut pour s’assurer que ses futures vedettes perçoivent la même somme qu’en Italie, Angleterre, Espagne ou Allemagne, en net. "
Nous avons certes beaucoup de moyens, mais on n’est pas no limit", s’emporte ainsi Nasser Al-Khalaifi, qui ne pensait pas avoir autant à mettre sur la table pour bâtir – enfin – un grand club à Paris qui fait figure de "capitale du pauvre" sur la scène footballistique européenne, quand Londres possède une demi douzaine de formation en
Premier League (Arsenal, Tottenham, Chelsea, Fulham, Queens Park Rangers), l’Italie deux (AS Roma, Lazio Rome), l’Espagne quatre (Real Madrid, Atlético Madrid, Getafe, Rayo Vallecano).
Pire encore, cette mesure, qualifiée de "mesurette" par certains hommes politiques, a pour conséquence la fuite, en plus des gros revenus, des gros salaires du football français. Pastore refuse de devenir un "smicard" du football et exige un transfert en Angleterre, bien plus rémunératrice. Les joueurs, par le biais de l’UNFP, demandent un salaire minimum pour les stars en réclamant une "loi Pastore", à l’image de la "loi Beckham" de l’autre côté des Pyrénées.
Yoann Gourcuff,
Lisandro Lopez,
Steve Mandanda et même
André-Pierre Gignac, emboîtent le pas. Avec de telles propositions, nul doute que le candidat socialiste ne fera pas le plein de voix au sein du football professionnel. Quoique dans ce dernier cas, les dirigeants marseillais semblent remercier
ad vitaem eternam le nouveau président de la République française ... Allez, quoi, c’est beau de rêver.
Cet article est une pure fiction. Tout élément ressemblant de près ou de loin à la réalité est purement fortuit ou le fruit de votre imagination.*
Sondage Ipsos publié le 28 février 2012, avec 58% d’intentions de vote pour François Hollande contre 42% pour Nicolas Sarkozy.